Tantrisme, taoïsme, yoga sexuel : l’érotisme venu d’Orient


Tantrisme, taoïsme, yoga sexuel : l’érotisme venu d’Orient

SPendant des siècles, les estampes japonaises et le kama-sutra ont fait fantasmer le monde entier, et ils nourrissent encore l’imaginaire de nombreux couples. Mais les pratiques sexuelles orientales ont bien plus à nous offrir que des images…

Une célébration de la sensualité

Dans la pensée chinoise taoïste
En Asie, comme en atteste sa riche iconographie érotique, depuis toujours, le sexe n’est pas quelque chose de sale, à taire ou à cacher, mais une pratique joyeuse et naturelle.

« Dans la pensée chinoise taoïste, la sexualité, c’est la santé, on ne fait pas de différence entre les deux et ces notions ne sont pas séparables », commente la sexologue Martine Potentier. Ce qui explique cette véritable célébration de la sensualité.


Une sexualité plus consciente et épanouie

« Les cultures asiatiques sont plus proches du corps que la nôtre, car elles ne séparent pas corps et esprit », poursuit la sexologue. Cette vision, qui a également inspiré les médecines chinoise et ayurvédique, prône que, pour être en bonne santé, il faut bien activer son corps, bien respirer et équilibrer les énergies.

Des pratiques (yoga, qi gong, tai-chi) sont recommandées dans le but de dénouer les tensions, de devenir plus souple, plus vivant et d’acquérir la respiration consciente (apprentissage qui se fait en dernier). Autant d’entraînements qui développent une intelligence au niveau du corps et la capacité de s’y sentir bien.

Autre différence avec notre culture, pointée par la spécialiste : « Chez nous, on se met en couple par amour et on s’attend à ce que la sexualité qui en découle aille de soi. En Asie, jusque très récemment, c’était le mariage “arrangé” qui prévalait, la sexualité y était nécessaire, mais considérée comme quelque chose que l’on doit apprendre.

» D’où la richesse de précision des textes et gravures initiatiques (les estampes japonaises étaient offertes aux jeunes mariés pour les instruire), mais aussi leur raffinement délicat et leur poésie fêtant le lien avec la nature.

A adopter pour enrichir sa vie intime

en profonde connexion avec soi et avec l’autre
Cette approche à visée pédagogique a conduit à une observation très détaillée des comportements sexuels. « Les couples sont capables, par exemple, de nommer les cinq signes du désir chez la femme (elle respire profondément, avale sa salive, etc.), illustre Martine Potentier, alors que, chez nous, certains hommes ne savent pas les reconnaître et que beaucoup de femmes elles-mêmes ont du mal à repérer où elles en sont de leur excitation.
»
Les Occidentaux peuvent gagner en bien-être en s’inspirant de la sexualité orientale, car là où notre civilisation a longtemps prôné l’idée d’une femme qui accueillait l’homme passivement, homme et femme y sont à égalité dans la sexualité. L’homme se soucie du plaisir de la femme et réciproquement ; donner et recevoir s’équilibrent dans un véritable dialogue corporel, comme une danse, dans lequel chacun est en relation avec soi et avec l’autre. Il est vrai que, selon le taoïsme, chacun de nous, homme ou femme, recèle une part de féminin (yin) et de masculin (yang), le but étant l’union de ces deux principes pour libérer la circulation de l’énergie.

Cette vision aboutit à une sexualité décomplexée, sans tabous concernant l’onanisme ou l’homosexualité. Pourquoi se priver de ce qu’elle peut nous apporter ? « Aux couples, je conseille de se rendre dans une librairie et de choisir un livre – Kama-sutra, tao sexuel, etc. – qui leur parle », encourage Martine Potentier. On peut s’inspirer des massages tantriques pour travailler sa capacité à recevoir et à s’abandonner, ou encore découvrir les ressources sensuelles insoupçonnées de tout le corps (et pas seulement les zones dites « érogènes »).

Masseur et massé apprennent à être dans l’ouverture et l’accueil, sans but précis, en profonde connexion avec soi et avec l’autre, et en se concentrant sur la qualité de la présence (un peu comme une méditation).





Utiles aussi pour traiter certains troubles

Si le massage tantrique peut être « occidentalisé » et accessible à tous, dans le but de constituer un préliminaire aux ébats ou de rétablir un dialogue physique et amoureux entre les partenaires, la maîtrise de l’énergie tantrique est beaucoup plus difficile à atteindre.

D’abord, parce qu’elle ressort d’une expérience spirituelle, quasi mystique, à laquelle tout le monde n’aspire pas. Ensuite, parce qu’elle requiert de ne pas éjaculer (pour conserver toute son énergie), ce qui nécessite beaucoup de pratique. « C’est un apprentissage très délicat, confirme Martine Potentier. Il y a un risque pour l’homme de souffrir de prostatite ou d’anéjaculation. » D’ailleurs, chez les Anciens, il fallait avoir déjà fait un long parcours pour y accéder, cette voie étant réservée à des initiés débarrassés du besoin de pouvoir, sur soi et sur l’autre.

Pour les plus âgés cependant, il peut être intéressant de s’en inspirer, comme en témoigne, après avoir assisté à des séances de groupe, l’auteure Marie de Hennezel dans son livre Sex and sixty.

(Robert Laffont, mars 2015).

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